4 décembre 2013 | par Celine dans , Pas de commentaire

Heineken, Ricard… ils sont plusieurs à s’être faits reprendre

En matière de publicité sur Internet, la législation est très stricte. Et surtout quand il s’agit d’alcool. La loi de référence en matière de publicité pour les produits alcoolisés est la loi Evin de 1991. La mention d’Internet a été rajoutée quelques années après l’ouverture du réseau au grand public. Le gouvernement a rapidement vu les opportunités qu’offrait ce nouveau medium en matière de publicité. Si la publicité pour les produits alcoolisés n’est pas interdite elle est très réglementée. Que doit donc mentionner, ou ne pas mentionner une publicité pour l’alcool ?

L’article L3323-2 du code de la santé publique énonce que la publicité pour l’alcool est autorisée sur Internet, « sauf sur les sites destinés à la jeunesse ou dédiés au sport », et « sous réserve que la propagande ou la publicité ne soit ni intrusive ni interstitielle ». L’article L3323-4 stipule ce qui peut être dit dans une publicité de produit alcoolique.

La loi énonce donc que lorsque la publicité est autorisée, elle doit se limiter à l’indication : du degré d’alcool, de l’origine du produit, de la dénomination, de la composition du produit, du nom et de l’adresse du fabricant ou encore du mode de consommation du produit. La publicité a le droit de mentionner la distinction obtenue par le produit (récompense, médaille lors d’un concours…), l’appellation du produit (AOC, AOP…).

En revanche, la loi juge interdit un message ventant les mérites de l’alcool ou faisant référence à un mode de vie. Prenons le cas de la marque Heineken dont le slogan « For a fresher world » avait été jugé illicite en 2007. La société avait diffusé en ligne de publicités pour ses produits à l’occasion de la Coupe du monde de rugby. La marque avait également été condamnée par la Cour d’appel de Paris en février 2008 et s’était vue retirer le droit de faire de la publicité pour ses produits sur son site Internet.

En 2011 ce fut au tour de Ricard de se faire prendre. La société avait lancé une campagne virale sur Facebook dont l’objet était de promouvoir une application disponible sur l’App Store. Ni une ni deux, la marque a été poursuivie en justice pour violation du code de la santé publique. Le fait que les membres de Facebook aient partagé et relayé la campagne n’a pas arrangé les choses. Une publicité pour de l’alcool, qu’elle soit sur Facebook ou ailleurs ne change pas son caractère.

La publicité sur Internet est donc un véritable défi pour les marques de produits alcoolisés. Même si les sites sur lesquels elles diffusent leurs publicités ne proposent pas un contenu à destination des mineurs, elles ne peuvent en maîtriser parfaitement l’audience.

Les réseaux sociaux s’en mêlent

La communication des marques d’alcool sur Internet est de plus en plus brimée sur le papier. Twitter, qui vient de rentrer en Bourse, fait désormais plus attention à ce qui est diffusé sur son réseau. L’entreprise a installé un nouveau système autorisant seulement les personnes de plus de 21 ans à suivre les marques d’alcool. Le principe est le suivant : quand un twittos fera une demande d’abonnement au compte d’une marque d’alcool, son âge lui sera demandé. S’il a moins de 21 ans la demande sera refusée. Système honnête ou véritable hypocrisie ? On sait tous qu’il est facile de mentir sur son âge. Il suffit de saisir une date de naissance valable.

Si les gouvernements obligent les marques d’alcool et les sites internet de vente d’alcool à mettre en place des systèmes bloquant l’accès au contenu aux mineurs, qu’en est-il réellement ? Il n’y a pas de vérification de l’âge de l’internaute sur quelque site que ce soit ou sur quelque application que ce soit. Un simple système demandant à l’internaute son âge ne l’empêchera jamais d’avoir accès au contenu auquel il veut avoir accès, quelque soit sa nature. Est-ce donc le seul moyen de prévention ? Faut-il forcer les marques et les annonceurs à mettre en place des systèmes qui ne s’avèrent pas si efficaces que ça ?

Articles sur la même thématique

Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *