29 avril 2014 | par publika dans Pas de commentaire

Depuis quelques années, l’impression 3D est annoncée comme une technologie fort prometteuse, à tel point qu’elle est parfois même considérée comme une potentielle troisième révolution industrielle.

Si vous avez suivi pendant les cours d’histoire, vous savez sûrement ce qu’est une révolution industrielle. Pour celles et ceux qui seraient restés au fond de la salle à discuter lorsque le professeur essayait désespérément de vous expliquer, je vais sortir ma trousse de premiers soins pour une piqûre de rappel.

Une révolution industrielle, c’est un changement considérable dans les techniques et méthodes de production des biens matériels ; or l’impression 3D pourrait très bien correspondre à cette description. En effet, cette technologie, pratiquement aussi révolutionnaire que Robespierre, n’en est qu’à ses balbutiements ; et pourtant elle commence déjà à avoir un impact grandissant sur nombre de secteurs, de la production de biens de consommation à la médecine, en passant par la vente sur Internet.

Le fonctionnement en quelques mots

La première étape est la modélisation d’un objet en 3D. De plus en plus de sites Web proposent le téléchargement de fichiers 3D imprimables, qui peuvent être par la suite modifiés pour plus de personnalisation. Il est aussi possible de créer des objets uniques, en utilisant des logiciels de modélisation 3D tels que Blender, Google Sketchup, Solid Edge… pour donner vie à ses idées.

L’impression peut ensuite être effectuée avec différents matériaux, le plus commun et le moins onéreux étant le plastique. Grâce à un logiciel intégré, l’imprimante décompose le fichier 3D en une multitude de plans en 2D, qui seront ensuite imprimés couche après couche. Un avantage de ce mécanisme est sa consommation réduite de matière première, car contrairement aux systèmes actuellement utilisés dans l’industrie qui enlèvent de la matière à une pièce afin d’obtenir la forme désirée, ici rien n’est perdu. De plus, la précision des imprimantes 3D les plus perfectionnées dépasse celle de tous les procédés actuels, permettant ainsi de concevoir des objets ayant une structure extrêmement complexe.

Si à l’heure actuelle, le prix des imprimantes 3D reste prohibitif, il diminue rapidement et bientôt ces appareils pourraient devenir aussi communs qu’une imprimante 2D. Quant aux matières premières, consommées par l’imprimante sous forme de cartouches, elles se vendent assez chères (de 40 à 50€), et sont limitées en terme de choix ; c’est pourquoi il peut toujours être intéressant d’aller sur un site spécialisé pour imprimer des objets de taille importante ou dans des matières plus inhabituelles (métal, céramique, résine…)

Une nouvelle façon de produire et de consommer

Imprimer des objets c’est amusant, mais une fois que vous aurez fait une figurine à votre effigie, quel intérêt ?
Et bien, les possibilités sont nombreuses, l’ impression 3D peut permettre par exemple de remplacer une pièce manquante d’un objet. De plus, en combinant cette technologie avec un scanner 3D, on peut obtenir les plans 3D d’un objet réel et le dupliquer, ce qui peut s’avérer pratique pour faire un double de ses clés.

L’imagination reste le maître-mot de l’impression 3D, il est possible de créer ses propres jouets personnalisées pour son enfant, d’imprimer un porte-clés, une coque de smartphone, ou bien encore de remplacer un objet du quotidien comme un peigne ou une monture de lunettes…

Actuellement, il est déjà possible de télécharger des modèles 3D de différents objets, aussi bien décoratifs que purement fonctionnels, mais dans le futur, il est probable que ce marché connaisse un fort essor et que la commercialisation de fichiers 3D devienne une pratique courante. Plusieurs plateformes proposent déjà des services de ce type, et permettent d’imprimer des objets de toutes sortes, comme par exemple de véritables bijoux en utilisant des métaux précieux.

Pour les professionnels, les gains de temps et d’argent pourraient être considérables, par exemple, il y aurait la possibilité de réaliser une campagne marketing où des goodies seraient tout d’abord créés en 3D par des graphistes, puis imprimés directement en agence de communication au lieu de passer par un tiers; ce qui permettrait d’obtenir rapidement des prototypes à montrer au client.

Des applications diverses et variées

Parmi les applications les plus intéressantes de l’impression 3D, il y a notamment le domaine de la médecine. Après la création de prothèses, les scientifiques cherchent maintenant à imprimer des cellules afin d’être capables par la suite de reconstituer des organes complets. Autrement dit, l’impression 3D pourrait un jour permettre de sauver quotidiennement des vies; ainsi, le don d’organes et le don de sang deviendraient alors des pratiques d’un autre temps.

Le secteur de l’alimentation serait aussi touché par cette révolution. En effet, alors qu’en 2013, la NASA concevait la première imprimante 3D capable de créer une pizza, aujourd’hui cette technologie risque fort bien d’arriver chez les particuliers, avec par exemple le projet Foodini. De plus, la possibilité d’imprimer de véritables plats, à partir de cartouches contenant des poudres d’aliments qui peuvent se conserver pendant des dizaines d’années, constitue une avancée intéressante dans la lutte contre la faim dans le monde.

Bien d’autres domaines sont concernés par cette technologie, comme l’aéronautique, l’industrie spatiale et même le bâtiment avec la conception de maisons imprimables ; le potentiel de cette technologie semble n’avoir pour seule limite que l’imagination humaine.

Des conséquences sur l’économie mondiale

Avec la possibilité d’imprimer des objets de toutes sortes rapidement d’après des fichiers informatiques, il ne fait nul doute que la production de masse aura tendance à diminuer. Pourquoi ? Tout simplement parce que de plus en plus de particuliers choisiront d’imprimer leurs objets directement chez eux, au lieu d’aller les acheter.

De plus, avec l’automatisation de plus en plus efficace de la production, la main d’œuvre nécessaire se trouvera réduite ; il est même probable que la production se relocalise peu à peu dans les pays développés pour économiser le coût du transport. En conséquence, des centaines d’emplois peu qualifiés disparaitront, mais beaucoup d’autres verront le jour, notamment dans la maintenance des imprimantes 3D ou dans la conception de modèles 3D.

Grâce à la démocratisation des imprimantes 3D, le partage et le commerce de fichiers 3D ne tarderont pas à prendre une place importante sur le Web. Et comme n’importe qui pourra obtenir un produit fini à partir d’un fichier 3D, les droits d’auteur deviendront pratiquement impossibles à faire respecter ; les seuls objets qui seront épargnés seront ceux de trop grande taille ou d’une fabrication trop compliquée pour être imprimés par des imprimantes grand public.

Pour reprendre Darwin, dans un futur plus ou moins proche, les entreprises devront s’adapter pour survivre. Avec la diminution des coûts de production, l’introduction dans le marché sera beaucoup plus facile pour les nouvelles entreprises, la concurrence deviendra donc féroce. De plus, il est fort possible qu’avec l’essor de l’impression 3D, les ventes massives de produits génériques diminuent de manière significative, au profit de celles liées à l’impression 3D. Par exemple, pour être concurrentiel, un site de vente en ligne devra non seulement proposer la livraison de produits finis, mais aussi et surtout leur personnalisation ainsi que des modèles 3D à imprimer directement chez soi.

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