9 avril 2014 | par publika dans 4 commentaires

Si vous travaillez dans le Web, vous avez probablement déjà entendu parler de cette nouvelle monnaie de type virtuelle, le bitcoin, notamment après le scandale de Mt Gox où une plateforme de change de bitcoins a coulé avec une brutalité à faire pâlir de jalousie le Titanic. Il est maintenant temps d’approfondir le sujet avec quelques informations supplémentaires…

Qu’est-ce que le bitcoin ?

Le bitcoin est un système monétaire virtuel, un peu comme notre système bancaire actuel ; à ceci près que c’est un moyen de paiement qui n’est pas géré par une autorité centrale, et qu’il n’existe pas de symbole physique ou de garantie de cette monnaie (pièces, billets ou réserves d’or).

Créée en 2009 par un informaticien portant le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, cette devise monétaire commence à être reconnue comme légitime sur Internet. En effet, il est possible de payer sur un nombre croissant de sites grâce aux bitcoins; certains acteurs importants du net comme WordPress et Reddit ont déjà franchi le pas, d’autres comme eBay y réfléchissent sérieusement.

Mais comment ça marche ?

Le bitcoin fonctionne grâce à un réseau pair à pair, les échanges ne sont donc pas supervisés et centralisés par des organismes financiers comme pour les monnaies classiques. Chaque compte est anonyme et seulement identifié par une signature cryptographique ; néanmoins chaque bitcoin possède son propre historique contenant toutes ses transactions identifiées par des signatures cryptographiques; ce qui permet au réseau de pouvoir tracer chaque bitcoin afin d’en assurer la validité et l’authenticité. De plus, tous les algorithmes du bitcoin sont libres, ce qui permet à la communauté de repérer et de corriger très rapidement les bugs et failles rencontrés.

Un principe intéressant de cette devise est que sa masse monétaire est fixée à l’avance dans le code source même du logiciel. En effet, le nombre maximum de bitcoins atteindra 21 millions, et chaque jour, une faible quantité de bitcoins est produite par des quelques serveurs très puissants, on appelle cette création de bitcoins, le minage ; la rareté de la monnaie servant de gage de valeur.

Néanmoins, comme le bitcoin n’est pas reconnu universellement, il est souvent nécessaire de passer par des plates-formes d’échanges pour convertir les bitcoins en d’autres devises, afin de pouvoir faire des achats. Le fait que ces plates-formes soient peu nombreuses rend donc le bitcoin extrêmement dépendant de celles-ci, ce qui peut fortement altérer la stabilité de la devise en cas de problème sur l’un de ces sites.

Une monnaie libre, le succès assuré ?

“A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ”; c’est probablement ce que se disent les personnes soutenant le bitcoin tant les obstacles rencontrés sont nombreux.

Pour commencer, l’anonymat apporté par le bitcoin a rapidement entraîné des dérives, les transactions malhonnêtes devenant plus commodes à réaliser. C’est notamment à cause de certains sites spécialisés dans le commerce de produits illicites, que la réputation de cette monnaie virtuelle a été fortement ternie. Par exemple, Silk Road, un marché noir sur Internet, a décidé d’utiliser comme seul moyen de paiement le bitcoin. Fermé en 2013 par le FBI, le site a rouvert quelques semaines plus tard; puis en février 2014, a été piraté par un utilisateur qui a subtilisé tous les bitcoins de la plate-forme.

Et oui, un autre problème du bitcoin est la sécurité du système ; mise en cause à plusieurs reprises, les préjudices occasionnés ont eu de lourdes conséquences pour les utilisateurs et la réputation de la monnaie. En février 2013, une plate-forme d’échange de bitcoins, Mt.Gox, a fermé suite à des problèmes techniques probablement dus à un piratage qui a fait disparaître la modique somme de 750 000 bitcoins, soit environ 250 millions d’euros, entraînant une chute du cours du bitcoin d’un quart de sa valeur.

Ce qui nous amène à un autre point faible de cette monnaie numérique, la stabilité. En effet, les fluctuations de cette devise sont très importantes ; un bitcoin valait 0,003 $ en avril 2010, alors que début février 2014 sa valeur était de 870 $. Une augmentation colossale qui a rapporté des millions aux personnes qui avaient investies à la création de la monnaie.

Un avenir pour le bitcoin ?

Il faut cependant modérer ces propos en comprenant que les défauts du bitcoin sont surtout liés à sa jeunesse et au facteur humain; l’anonymat par exemple est loin d’être une mauvaise chose, le bitcoin est certes utilisé pour le trafic, mais il est à des années-lumières d’égaler le dollar ou même l’euro dans ce domaine.

De plus, la plupart des failles de sécurité sont en fait dues au comportement des utilisateurs ; en effet, le piratage de la plateforme Mt.Gox est dû soit à un acte frauduleux et délibéré de la part de son propriétaire, soit à sa négligence quant à la mise à jour de son système de gestion de bitcoins. En réalité, la sécurité aura tendance à augmenter avec le nombre d’utilisateurs du fait de son fonctionnement en réseau peer to peer, (plus de machines pouvant tracer les bitcoins pour assurer leur validité), mais aussi grâce à l’ouverture de son code source (plus de personnes pour le corriger et le faire évoluer).

Malgré ses défauts, le bitcoin garde un potentiel intéressant, car en excluant les intermédiaires bancaires des transactions financières, les coûts de change parfois très élevés lors des paiements internationaux disparaîtront. De surcroît, comme la masse monétaire du bitcoin est déjà établie et ne pourra pas changer, il n’y aura jamais d’inflation.

Qu’est ce que j’en pense ?

Le bitcoin est avant tout un pionnier dans le domaine des monnaies virtuelles. Est-il viable ? Pour moi, pas pour l’instant à cause des fluctuations de son cours, cependant les monnaies virtuelles sont encore immatures et ne peuvent que s’améliorer. N’oublions pas que le fonctionnement de l’économie mondiale n’est pas non plus parfait, même actuellement des crises majeures se produisent régulièrement, avant qu’un équilibre fragile se remette en place.

Néanmoins, je pense que les devises purement virtuelles ont un avenir, et que même si le bitcoin s’effondre, au moins le système bancaire classique aura été remis en question et subi des changements intéressants pour ses utilisateurs. De plus, si le bitcoin échoue, il est probable qu’une autre monnaie virtuelle prenne sa relève et profite de son expérience pour augmenter sa viabilité, et pourquoi pas, un jour, apporter une réelle alternative au système bancaire actuel.

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4 commentaires

    Freyssenon says:

    Merci Bastien c’est très clair et j’ai enfin quelques réponses a mes questions sur le sujet car on ne peut pas dire que la page Wikipedia soit d’une grande clarté …
    A ce jour on est a combien de bitcoins émis ? Et autre question que ton article ne m’a pas permis encore de comprendre : a quoi correspond le minage et pourquoi cette étape ?
    Bonne journée !

    Bastien says:

    Il y a pour le moment environ 12 620 000 bitcoins en circulation. http://bitcoincharts.com/bitcoin/

    Le minage c’est le fait de mettre son ordinateur à disposition du réseau bitcoin, afin d’effectuer des calculs qui permettent de vérifier les transactions. En échange de ce service, on reçoit un nombre de bitcoins proportionnel au nombre de calculs effectués.

    Marc says:

    Très bon article effectivement.
    D’ailleurs Lionel si tu veux t’essayer au bitcoin il y a la doc officielle ici https://bitcoin.org/fr/debuter

    Pour l’anecdote, le bitcoin n’est pas la première cryptomonnaie. Il en existe plusieurs basées sur le même principe ou sur des principes de cryptage et de génération différents.
    Et pour les mélomanes, il y a eu le coinye, une cryptomonnaie à l’effigie du rappeur Kanye West et n’ayant pas de plafond de génération.

    A quand le Publikoin ???

    Freyssenon says:

    Super idée Marc, presque aussi géniale que cet article ! A partir de ce jour je te propose un nouveau contrat à 5000 publikcoins par mois et ne t’inquiète pas (trop !) même si la monnaie n’a pas encore de valeur ça viendra ! 🙂

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