14 avril 2014 | par publika dans Pas de commentaire

Nous connaissons tous les réseaux sociaux, entités omniprésentes dans nos vies, collectant nos données, espionnant nos habitudes et nos goûts ; mais permettant aussi de garder le contact avec nos proches éloignés, de se tenir au courant des actualités, de communiquer efficacement sur le Net… Facebook, Google+, Twitter, LinkedIn, Pinterest… ces noms sonnent familiers à nos oreilles, peut-être même les utilisez-vous quotidiennement dans votre travail ou pour vos loisirs. Néanmoins, comme pour toute tendance, les usages évoluent et aujourd’hui, je vais vous présenter des réseaux d’un genre nouveau, les réseaux anti-sociaux.

Qu’est-ce qu’un réseau anti-social ?

Disons tout d’abord que le concept est assez flou, tout comme peut l’être actuellement celui de réseau social. Pour simplifier, un réseau anti-social reprend certains aspects des réseaux sociaux, mais en permettant des interactions entre internautes libérées du carcan social.

Hell Is Other People et Cloak, la technologie au service de la misanthropie

En parlant d’interactions sociales, voici deux réseaux un peu particuliers, puisqu’au lieu de chercher à rapprocher leurs utilisateurs, ils permettent au contraire de les éloigner ; il s’agit de Hell Is Other People et Cloak. Le but de ces deux applications est d’éviter de rencontrer des connaissances en récupérant leur position via la géolocalisation apportée par les réseaux sociaux comme Foursquare ou Instagram par exemple. Le plus grand paradoxe de ces réseaux est qu’ils encouragent l’asociabilité, alors que leur bon fonctionnement dépend directement de l’hypersocialisation sur Internet.

Social Number, la liberté d’expression par l’anonymat

Contrairement aux réseaux sociaux classiques, où vous êtes identifiés par votre nom et où tout ce que vous dites peut se retourner contre vous, sur Social Number vous êtes connu seulement sous un numéro. Vous pouvez donc poser des questions de manière anonyme et parler avec les utilisateurs de la plateforme sur des sujets sensibles de l’actualité, des problèmes personnels, des passions que vous n’avez jamais assumées…

Secret, le scandale dans votre entourage

Et voici maintenant une application qui fait couler beaucoup d’encre aux Etats-Unis : Secret.
Le but ? Partager avec un cercle d’amis des anecdotes ou des pensées intimes de façon anonyme. Et c’est là que les problèmes peuvent survenir, puisque rien n’empêche une personne de se faire passer pour une autre voire de répandre les pires rumeurs sur son compte. La société à l’origine de Secret reste néanmoins confiante, puisqu’elle affirme que limiter le partage à un cercle restreint de connaissances permet d’éviter la plupart des dérives.

Rando, partagez des photos avec le monde entier

Inspiré d’Instagram, Rando se démarque de ce dernier par son concept original. Contrairement à Instagram qui permet de partager ses photos avec ses amis pour qu’ils laissent des commentaires, Rando propose un partage de photos anonyme entre des personnes du monde entier. Il suffit de prendre une photo et de l’envoyer pour en recevoir une autre en échange de la part d’un mystérieux anonyme ; en effet, la seule information que vous obtiendrez sur l’émetteur de la photo est sa géolocalisation.

En bref, les réseaux anti-sociaux

Il est intéressant de voir le côté parfois paradoxal de certains de ces réseaux, qui proposent des concepts à contre-courant avec les pratiques actuelles de partage intensif tout en y étant dépendant. Par exemple, Hell Is Other People a été créé pour éviter les relations sociales, alors que pour être efficace, il a besoin que les contacts de l’utilisateur aient une activité sociale intensive sur Internet.

D’autres réseaux anti-sociaux, tels que Rando, Secret ou Social Number, ont fait le choix de la simplicité et du partage anonyme. Ils ont éliminé le « côté social » pour se focaliser sur le contenu, et se sont servis de l’anonymat pour rétablir une liberté perdue par l’identification nominative et le partage quasi-obligatoire d’une partie de ses informations personnelles.

Pour moi, ce nouveau type de réseau montre une tendance naissante à rejeter le partage à outrance des informations et l’omniprésence des réseaux sociaux dans la vie quotidienne. A cause de leur volonté de connecter les utilisateurs en permanence, les réseaux sociaux actuels ont perdu ce qui faisait d’eux un lieu de libre parole, peut-être que les réseaux anti-sociaux permettront de retrouver cet aspect caractéristique du Net.

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